[Samedi 8 décembre, concert du chanteur ivoirien à Abidjan]
Tiken Jah Fakoly, connu pour son engagement et ses chansons dénonciatrices envers la politique du président Laurent Gbagbo (avec des titres comme
Quitte le pouvoir ou encore
Le Balayeur) avait fui son pays par précaution après la tentative de coup d'état de 2002. Celle-ci découle de la mise en place du concept d' «
ivoirité », une sorte de discrimination à l'envers accordant aux seuls Ivoiriens de souche certains droits comme celui d'acheter/vendre un bien immobilier. Le pouvoir en place avait repris la main parallèlement à la création d'une force rebelle qui avait contribué à pousser le pays à la guerre civile.
Avec une série de concerts en Côte d'Ivoire, il entend prêcher « l'unité et la réconciliation » dans son pays. Il a même tendu la main en direction des hommes politiques :
« Je suis venu pour apporter mon soutien au Président Gbagbo et à son Premier Ministre Soro Guillaume sur le chemin de la paix », déclare-t-il. Après Abidjan, il s'est également produit le 15 décembre à Bouaké, ex-fief des rebelles ivoiriens et 2ème ville du pays...et fait salle comble. L'enthousiasme de la population a même été à l'origine de débordements, encadrés toutefois par la Croix Rouge qui dénombrait 92 blessés à Abidjan.
Le chanteur ivoirien s'est inspiré d'un style de musique populaire au nord de la Côte d'Ivoire, dont il est originaire, pour produire le 24 septembre 2007
L'Africain, un album aux sonorités colorées et métissés. Dans un style qui n'appartient qu'à lui, il chante encore et toujours en trois langues (le français, l'anglais et le dioula), dans l'espoir de toucher les mentalités et de défendre les causes qui lui tiennent à c½ur :
Non à l'excision dénonce cette pratique ancestrale encore en vigueur dans les pays africains, qui consiste à « purifier » les fillettes en les mutilant. Avec
Ouvrez les frontières, il s'allie à Soprano pour parler de l'appropriation des richesses du continent noir par les Occidentaux et de sa volonté de voir l'Afrique se réveiller. Il s'adresse aussi aux pays riches avec
Viens voir :
« Mon Afrique n'est pas ce qu'on te fait croire – Viens voir, viens voir – ne dis pas sans savoir ! »Il signe également une très bonne reprise du tube Englishman in New York de Sting, avec le titre
Africain à Paris, une chanson sur les difficultés d'intégration des immigrés dans la capitale.
Site officiel de l'artiste :
tikenjah.net